(Transcription de la voix à terminer)
- forêt -
240221-155651 - Durée originale : 35’47
(ajouter les temporalité du parcours et le chants des oiseaux (sonagrammes pour certains))
240221-155651-v - Durée reduite à la voix : 12’09
(accent en patois local)
Ah ben, aujourd’hui j’ai peu d’choses à dire…
Le sol est ben gras, mouilleux j’dirais, bien mouilleux…
Et pi s’qui est l’plus, y’l’y’a peu, et qu’est va pas, ben l’eau en s’temps d’hiver… Ça mouille et ça gel, r’in d’plus parfoais…
Je prends l’allée où de chaque côté du ch’mêlement les pervenches commencent à fleurir…
Un merveilleux bientôt, de part et d’autre, un tapis tout bleu et des l’oiseaux. Et puis c’te ru que l’on traverse, petite chiée d’eau, toute claire encore ; doucettement, nous avancions pour ne point effrayer les zozios du coin, qui commencent à chantonner pour le printemps s’en venant, puisqu’il fait si doux en ce moment ; à ces épanchements, on se voirait tout doucement, aussi…
On quitte le coin des zozios chanteurs, pour un autre où le paysage est différent, des arbres tombés sur le ch’min, qu’on n’a point encore déplacés, des arbres déjà morts la plupart, qu’un coup d’vent fit tomber… tout biscornu celui-là, point droit, n’intéress’ra personne… adieu, moment de vie…
À la croisée des ch’mins, nous allons tout droit ; l’allée principale que nous croaison est toute boueuse ; l’on chemina dessus gaillardement, pour tant de boue déplacée ? l’allée que nous prenons s’en va vers une chapelle isolée au creux du bois ; elle nous interpelle, la chapelle ! Comment elle s’appelle, déjà ? La mémoirrre qui vacille ne s’en rappelle point, c’est elle qui vacille, ma mémoirrre…
Est-il magique ton chemin, celui que tu prends souvent, plus long que le précédent, vanté gaillardement auparavant ; celui-là ti’peu’charmant, son aisance plus étendue, à côté d’un ruissellement, d’une pente et des détours charnus, la portée de la vue y’est différentes, une odeur de feu de bois s’amène à nous… qui brûle autant ? On ne sait encore ?
Le ruisseau a tailladé comme une tranchée, la forêt, où il s’enfonce peu à peu. Il y a que parfois son écoulement est très fort quand il pleut assidûment, cela déborde aussi ; les premières sueurs du corps que l’on épuise au fur et à mesure de la marche, que l’on aiguise, la marche en est à ce point, point ne vacille quand l’avancement se fait dru, gaillard et prenant ; l’avancée du cheminement… que l’on suit assidûment, certes ! Vers quel entendement… quel croisement allons-nous aller ? On ne sait, on ne sait…
(dérapage)
(photo de la cabane)
On bute sur un petit talus, le pied ripe et fait un bruit marquant ; on croise une camarde, une camarde ? Non, une « cabane » faite des branches tombées au sol qui, jour après jour, s’étoffe, tant les enfants en ajoutent tout autour de l’arbre, protégé à son tronc, où parfois les enfants l’accompagnent dans la cabane faite autour de son tronc ; on le dorlote, cet arbre ! jeune encore, qui fut adopté pour cet accompagnement joliet…
(chant de l’oiseau du coin)
Oui, l’oiseau, que me dis-tu ?
(passage entre les branchages échoués au sol)
Attention, nous…
Nous approchons près de la chapelle où des moines jadis sévissaient tout autour, pour prier ; on l’a restaurée un peu, pour la symbolique du lieu et le tourisme pieux, qui s’en vient régulièrement dans le cheminement coutumier du lieu, vers ce lieu… putain (dit tout bas)…
Le chemin monte un peu, il fatigue ; mais, c’est tant mieux !
(photo chapelle à travers les arbres)
On a abattu beaucoup d’arbres autour, à moins que ce soient les tempêtes qui les ont abattus, on voit des arrachements du sol, essentiellement, et quelques branches que l’on déplace du cheminement obstrué par euh… déplacées pour l’avancement, l’aisance du poids : ne point escalader…
Oui, ce sont les tempêtes qui les ont abattues !
Tout dré, après le tournement… à droite ! tout dré…
On’échafaude un plan, après une visite studieuse du lieu…
Bonjour ! (croisement de visiteurs du lieu)
…
(éloignement)
Les oiseaux se sont calmés, ici, trop de passage peut-être ? Moins isolé, moins d’attrait, le cheminement ici ; ils voient cela d’en haut (snif) ; des branches posées sur l’arbre, ils surveillent le lieu, s’alertent parfois de notre venue, quand l’un de nous s’en vient à couper les choses ligneuses du lieu. Sacrilège ! quand un nid tombe avec l’arbre (abattu). Sacrilège ! dans l’ignorance de nous, puisque la plupart d’entre nous s’en foutent du cri de l’oiseau offusqué. Il est tellement petit, tellement peu bruyant à côté de nos machines, de nos ogres dans la forêt, quand nous découpions tout un pan de celle-ci, de la forêt dont nous nous occupions jadis, toujours avec cette manie de ne point tenir compte des habitants du lieu, de l’entretien toxique, il fasse… qu’il se fasse beaucoup de bêtises ici, parmi nous.
Occupons-nous, occupons-nous,
à déforesté tant et tant autour de nous,
qu’il ne restera plus rien pour demain,
l’entendons-nous, l’entendons-nous…
on s’apeure autour de nous…
« tuit tuit tuit ! » (de l’oiseau)