(Transcription de la voix à terminer)

- forêt - (elle te parle à sa manière)

240225-150730 - Durée : 6’28

« Élucubrations fraternelles », pourrait-on dire ; sous la pluie, s’en venant, au milieu de la forêt, on n’en vient à penser tout ceci, au lieu de référencer, cartographier le patrimoine, par exemple, d’une forêt, ce que l’on en apprécie à travers une réglementation, une forme administrative, on n’en oublie tous l’émoi que peut susciter cette même forêt. Toute l’affection que l’on a, auprès des êtres qui y vivent, disparaît, masquée par la forme administrative des découpes du cadastre, des parcelles référencées durement, des coupes de bois monnayés comme il se doit, et toutes ces considérations d’ordre financières nous font oublier pourtant, semble-t-il, l’essentiel : que l’on devrait accorder (plus d’attention) à tout vivant autour de nous ; que nous occupons tous la même planète ; et qu’à un niveau ou un autre, nous sommes tous liés par une même origine « planétaire », sauf preuve du contraire ; et la fraternité qui devrait s’ensuivre est totalement absente, la plupart du temps ; les considérations sont, pour ce qui nous concerne (nous) les humains, d’ordre purement administratives et financières ; « on gère ! », on n’affectionne point, on ne s’émeut pas de la coupe d’un arbre, quel qu’il soit ! Un arbre, une plante, quelle qu’elle soit, elle est oubliée, comme un individu dit « sans âme », « sans affect », non comparable à ce que nous sommes ; nous croyons être les seuls maîtres du lieu et prêts à tout, pour accomplir les pires bêtises du monde…
(chant de l’oiseau du coin)
L’oiseau, qui chante sous la pluie, apprécie ou non, on ne sait ? On ne partage pas son langage, on l’ignore ! Lui aussi a des affects, les arbres aussi, les plantes, aussi, réagissent ; elles ont un affect de plantes, l’arbre a un affect d’arbres ! (tout) comme l’homme a un affect d’homme ! Ils sont tous fondés sur la même biologie, le même principe « d’être multicellulaire » qui s’est développé sur cette planète ; nous avons en commun l’essentiel des briques qui nous construisent, et notre génétique, le plan de fabrique qui nous construit, a les mêmes origines. Cela a été prouvé, démontré, constaté !

Alors, au lieu de partager cette planète et de la gérer, comme on dit d’une manière aimable, confraternelle, nous la détruisons, construisons, modelons à notre propre profit, dans l’ignorance des équilibres ; et ce qui nous arrive est tout à fait normal, en ce moment ; le déséquilibre est tel, que le milieu naturel où nous sommes, dont nous faisons partie, sans être les maîtres de quoi que ce soit, nous conditionne, nous modèles, (il) tente de nous réorganiser, puisque nous sommes un de ces fruits, de ce monde vivant, afin qu’il puisse survivre, s’adapter ; et si le vivant n’arrive pas à le faire, ce modelage là, pour que nous survivions dans un avenir proche, la règle est inéluctable, nous disparaîtrons !

Un monde confraternel, au-delà de la confraternité des hommes entre eux, devrait être constaté, effectué, appliqué de manière équitable, vertueuse même, sous peine de disparaître ; si nous n’arrivons pas, la plupart d’entre nous, à comprendre cela, on peut le dire de mille et une autres manières, on en aboutirait au même constat. Se masquer les yeux, ne rien entendre, ne rien dire à ce sujet est criminel envers nous-mêmes ; aurons-nous la force de réagir, telle est la question ?